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Syslog

Syslog est un protocole et un format de message qui permet à des équipements et systèmes très divers (serveurs Linux, switchs, pare-feux, imprimantes…) d’envoyer leurs journaux d’événements vers un serveur central, dans un format commun — la base de toute centralisation de logs en infrastructure hétérogène.

Chaque message porte deux métadonnées clés en plus de son contenu :

  • Facility : la catégorie d’origine (kernel, mail, auth, cron, ou des facilities “locales” réservées aux usages spécifiques d’un site).
  • Severity : le niveau de gravité, sur une échelle de 0 (emergency, système inutilisable) à 7 (debug), en passant par des niveaux intermédiaires familiers comme error (3), warning (4) ou info (6).

Ces deux valeurs combinées forment la priorité (PRI) du message, ce qui permet à un serveur de logs de trier, filtrer ou déclencher des alertes selon la gravité et l’origine, sans avoir à analyser le texte libre du message.

  • UDP/514 : le mode historique — rapide et simple, mais sans garantie de livraison (un message perdu sur un réseau saturé disparaît silencieusement).
  • TCP/514 (ou souvent 6514) : livraison garantie, préférable dès que la complétude des logs importe pour des raisons d’audit ou de conformité.
  • Syslog over TLS : chiffre le transport, indispensable si les logs transitent sur un réseau non maîtrisé de bout en bout ou contiennent des informations sensibles.
  • Corrélation d’incidents : reconstituer une chronologie à travers plusieurs systèmes (pare-feu, serveur web, base de données) suppose de pouvoir consulter leurs journaux au même endroit, avec des horodatages cohérents (voir NTP — sans horloges synchronisées, la corrélation devient peu fiable).
  • Rétention en cas de compromission : si une machine est compromise, ses logs locaux peuvent être effacés ou altérés par l’attaquant — des logs déjà exportés vers un serveur central séparé restent, eux, disponibles pour l’investigation.
  • Exigences de conformité : plusieurs référentiels (ISO 27001, PCI DSS, NIS2) exigent explicitement une journalisation centralisée et une durée de conservation minimale des logs de sécurité.

Un serveur syslog central classique (rsyslog, syslog-ng) reçoit les messages et les stocke ; une pile comme Elasticsearch/Logstash/Kibana (ELK) ou Grafana Loki prend souvent le relais pour l’indexation, la recherche et la visualisation à plus grande échelle.